Les victimes

Environ deux millions d’enfants sont victimes d’exploitation sexuelle à travers le monde. Réduits à l’état de marchandises, les enfants victimes d’exploitation sexuelle commerciale subissent des conditions de vie d’une extrême dureté.
Les victimes

L’enfant et son entourage

 Qu’est ce qu’un enfant ? 
L’article 1 de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant stipule qu’un enfant est défini comme tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable. En conséquence, 18 ans est devenu l’âge servant à déterminer l’enfance dans la communauté internationale.  Quels sont les facteurs qui rendent l’enfant vulnérable à l’exploitation sexuelle ?  Les enfants victimes de l’exploitation sexuelle sont généralement des enfants qui se trouvent dans des situations de vulnérabilité pouvant être créées par :

  • L’extrême pauvreté qui soumet les familles à des logiques de survie et fragilise les systèmes de protection de l’enfant. Mais la pauvreté ne peut à elle seule expliquer l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. Il existe d’autres facteurs qui favorisent ce phénomène.
  • Une situation familiale instable : des parents ou proches alcooliques, violents ou abuseurs n’offrent pas un cadre de protection aux enfants qui peuvent être forcés de quitter la maison et devoir vivre et travailler dans la rue. Ces enfants peuvent alors se retrouver dans le milieu de la prostitution pour survivre mais aussi en raison d’une demande affective, qui les pousse à croire à des fausses promesses d’adultes désirant les exploiter.
  • Les situations politiques instables, tels que les conflits armés, les crises politiques ou la violence généralisée. Les enfants peuvent être séparés de leurs familles dans le chaos généré par ces situations, devenant ainsi une proie facile pour les exploiteurs. Les potentiels abuseurs peuvent être les casques bleus, les groupes belligérants, l’armée ou d’autres acteurs…
  • Les traditions, coutumes, comportements et pratiques néfastes : Certaines traditions sont favorables ou tout du moins tolèrent la maltraitance. Ceci est le cas dans les pays où il existe des rapports violents et discriminatoires envers les enfants, les petites filles ou un groupe ethnique en particulier. Il existe aussi des coutumes qui apprécient des critères tels que la virginité et l’esthétique de corps imberbes, provoquant chaque année un abaissement de l’âge des enfants exploités. Il est donc nécessaire de travailler sur les comportements et les croyances qui maintiennent cette demande.
  • Des lois inadéquates et la corruption : Certains pays n’ont pas de cadre légal pour, d’une part, punir les crimes ou gérer les enquêtes impliquant des auteurs d’abus sexuels, et d’autre part, protéger les enfants au cours du procès et de leur rétablissement. De plus, la corruption de certains fonctionnaires entrave la création d’un environnement de protection de l’enfance contre les violences sexuelles.

Ces facteurs ne justifient en aucun cas le phénomène de l’exploitation sexuelle.  Est-ce que les enfants peuvent consentir à une situation de prostitution ?  La question se pose au regard de l’existence dans les législations d’un âge de consentement sexuel. Il s’agit de l’âge auquel une personne a le droit de se livrer à une activité sexuelle. Cet âge est généralement plus bas que celui de la majorité civile et varie selon les pays, généralement entre 12 et 16 ans (dans certains endroits des États-Unis ou en Égypte, 18 ans; au Canada, 14 ans; en France, 15 ans ;en Corée, 13 ans; au Mexique, 12 ans). 16 ans est de loin l’âge de consentement le plus communément accepté dans le monde. En France, si cet âge est fixé à 15 ans, il comporte cependant certaines limites : Par rapport au partenaire choisi. Un mineur ne peut avoir de relations sexuelles avec :

  • Un ascendant (père, mère, grand-mère…) ou toute autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait (frère, beaux-parents…)
  • Les individus exerçant une certaine forme d’autorité sur l’adolescent en raison de leur fonction (enseignant, moniteur de colonie de vacances, surveillant d’internat…)

La pornographie. Sur ce point, les textes de lois français font la différence entre la majorité sexuelle (acquise à 15 ans) et la majorité civile (18 ans). Concernant le domaine de la pornographie, c’est la majorité civile qui est prise en compte. La qualification de pornographie enfantine est donc retenue pour tout enfant victime de moins de 18 ans. Le consentement de l’adolescent ne peut être opposé. La prostitution. Le Code Pénal français (art. 225-1261) stipule que « le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir en échange d’une rémunération, des relations de nature sexuelle de la part d’un mineur qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. » Il existe en effet une différence fondamentale entre le fait d’avoir une relation sexuelle dans le cadre de l’éveil à la sexualité et celui d’avoir une relation sexuelle en vue de recevoir une contrepartie (argent, objets, bonnes notes…). Aussi, s’il est normal dans nos sociétés de fixer un âge de consentement pour le premier cas, il est fondamental en ce qui concerne la question de l’exploitation sexuelle de considérer qu’un enfant ne choisit pas librement de faire commerce de son corps, ni de subir des abus. Il s’agit non pas d’un choix, mais d’un non-choix, au regard des réalités économiques, politiques culturelles ou sociales vécues par l’enfant.  Comment les enfants peuvent tomber dans la prostitution ?  Les enfants et adolescents peuvent « tomber » dans la prostitution de différentes manières. On imagine toujours qu’ils sont kidnappés ou leurrés et qu’ils sont vendus à des exploiteurs. Et cela représente en effet une grande partie des cas rencontrés. Cependant, il existe aussi des cas où les enfants/adolescents se retrouvent en situation de prostitution d’une manière plus insidieuse : ou par un petit ami proxénète, ou par la volonté de leur propre famille, ou parce qu’une personne, en échange d’argent de poche, de bonnes notes ou de vêtements, leur réclame des relations sexuelles… Il est impossible d’énumérer toutes les situations qui peuvent conduire un enfant à la prostitution. Toutefois, il est important de retenir que dans tous les cas, l’enfant est sous une emprise telle qu’il n’a pas conscience de son statut de victime. Pour lui, cette situation sera vue comme « normale », et il sera donc d’autant plus difficile pour les organisations de protection de l’enfance de l’aider à en sortir.

Les conséquences de l’exploitation sexuelle sur l’enfant

 Quels sont les dangers auxquels les enfants doivent faire face ? 
Les enfants sont fréquemment obligés d’avoir des relations sexuelles non protégées. Ils sont donc exposés aux risques d’infections et de maladies sexuellement transmissibles, dont le SIDA. Les enfants qui travaillent dans les bordels vivent généralement dans des conditions terrifiantes, en étant privés d’une alimentation adéquate, de l’eau et d’un traitement médical, facteurs qui augmentent la probabilité d’attraper des infections. Cette situation est particulièrement présente en Asie, Afrique et Amérique Latine. L’absence de préservatifs entraîne également des grossesses à répétition pour les jeunes filles. Celles-ci subissent parfois des avortements non médicalisés susceptibles d’entraîner de graves conséquences sur le plan physique. De plus, les enfants en situation d’exploitation sexuelle commerciale endurent souvent de multiples violences physiques de la part des abuseurs, des proxénètes ou des trafiquants. Ils sont régulièrement frappés ou violés pour avoir refusé de se prostituer.  Quelles sont les conséquences psychologiques pour l’enfant ?  L’exploitation sexuelle a des répercussions psychologiques sur les enfants notamment la dépression, la perte de confiance en soi, l’agitation, l’épuisement, des difficultés de concentration, des comportements agressifs ou de la colère réprimée. L’enfant peut se sentir coupable et craindre pour sa propre sécurité et celle d’autres personnes. Il risque de lui être difficile de faire confiance aux adultes. Il peut agir avec une pseudo maturité, les limites de son rôle étant confuses. Les enfants victimes pensent qu’ils ne sont pas dignes d’être secourus. Ils développent souvent des comportements suicidaires. Ils peuvent également se créer une réalité factice et assurer qu’ils ont choisi la prostitution, qu’ils veulent venir en aide à leur famille et que leur proxénète leur « veut du bien ».  Pourquoi les enfants victimes de prostitution sont-ils souvent consommateurs de drogues ou d’alcool ?  Il existe un lien très étroit entre la toxicomanie et la prostitution. En effet, d’une part, l’exploitation sexuelle d’un enfant passe souvent par l’imposition de l’usage de drogues ou d’alcool, comme une forme de soumission de l’enfant et aussi pour la création d’une dépendance envers ces substances dans la durée. D’autre part, les mineurs victimes continuent à consommer et à abuser des drogues dures et de l’alcool, comme un moyen d’affronter les risques et de mieux accepter les activités sexuelles et les conditions de vie auxquelles ils sont soumis. De plus, au niveau psychologique, durant le processus d’exploitation, les victimes développent des comportements autodestructifs, ce qui inclut l’abus d’alcool et de drogue.  Quel est l’impact sur les enfants de l’exploitation sexuelle à travers la pédopornographie ?  Les enfants ayant été exploités à travers la production de pornographie peuvent ressentir spécifiquement une honte immédiate ou future et peuvent craindre d’être reconnus. L’anxiété peut s’intensifier lorsqu’un enfant comprend que les images de son abus continueront à être produites et à circuler auprès d’un public autant proche que lointain encore longtemps dans l’avenir. Certains des symptômes se manifesteront même lorsqu’une jeune personne a créé des images pornographiques d’elle-même.  Quelle est le lien entre l’enfant exploité et l’exploiteur ?  La relation entre l’exploiteur et l’enfant est souvent caractérisée par un processus de victimisation sexuelle, soit l’établissement d’une véritable relation d’emprise. L’enfant est souvent objet de fortes manipulations psychiques et rentre dans un processus ‘d’aliénation mentale.’ En effet, les sentiments des victimes sont bafoués et exploités, le désir est émoussé de manière artificielle, les émotions authentiques sont inhibées et la pensée individuelle est annihilée.  Est-ce qu’un enfant exploité sexuellement peut avoir une vie normale ?  L’exploitation sexuelle d’un enfant compromet et menace son développement psychique, physique, spirituel, moral et social. L’exploitation lui nie le droit de profiter de son enfance et de mener une vie productive et gratifiante. Les conséquences de la violence et de l’exploitation sexuelle se poursuivent à l’âge adulte.  Est-ce que l’exploitation sexuelle a des répercussions pour la vie future ?  Les effets tangibles varient selon l’histoire particulière de chaque enfant et de son stade de développement, ainsi que de la nature, la durée et la forme de l’abus, mais tous les enfants sont affectés de manière nuisible par l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Par exemple, certaines études suggèrent que les expériences de violence sexuelle subies en bas âge peuvent, parmi d’autres facteurs, influencer les expériences d’exploitation sexuelle que la personne vivra plus tard. Bien que les recherches sur les personnes ayant été victimes de violence ou d’exploitation sexuelle durant l’enfance soient limitées, elles indiquent que celles-ci sont davantage susceptibles d’éprouver des problèmes physiques et psychologiques: elles peuvent faire des dépressions, souffrir d’anxiété, avoir des tendances suicidaires et abuser de l’alcool ou des drogues…
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